La paix au proche et moyen orient

Di Agora' Agora - 15 maggio 1991

LA PAIX AU PROCHE ET MOYEN ORIENT

Situation des réfugiés kurdes et chiites

La distribution de l’aide et le début du transfert des réfugiés des montagnes vers les vallées s’effectuent à présent dans de bonnes conditions.

Il souligne que le Conseil n’a pas de critiques à formuler vis-à-vis de l’Iran et de la Turquie et insiste sur le caractère indispensable d’une bonne coopération avec ces deux Etats pour l’acheminement de l’aide.

Il rappelle que lors de la réunion de “Mondorf”, les ministres des affaires étrangères des Douze sont tombés d’accord pour qu’une force de police soit déployée par l’ONU.

Position vis-à-vis de l’Irak

Le Conseil accueille avec circonspection les accords passés entre les autorités de Bagdad et les Kurdes. Il demeure dans l’expectative tant que l’ONU n’aura pas fourni de réponse quant à la mise en place d’une juridict-ion internationale appelée à connaître la responsabilité de Saddam Hussein et des crimes qu’il a commis.

Les Douze demeurent unanimes quant au maintien d’un embargo strict vis-à-vis de l’Irak.

Les préparatifs d’une conférence de paix

La Communauté soutient toutes les initiatives de paix engagées par le secrétaire d’Etat américain M. James BAKER.

La conférence de paix entre Israël-Etats arabes ne saurait se substituer au contact direct qu’elle est précisément appelée à favoriser suivant la double approche. Quant à la particiaption d’une délégation de l’OLP à ce proccessus, tout en se déclarant ouvert au dialogue, il estime que la présence d’une délégation de l’OLP en tant que telle, n’est pas à l’ordre du jour.

Estimant qu’Israël a tout à gagner pour l’organisation d’une conférence de paix qui serait avalisée par la Communauté internationale, il espère qu’un tel processus s’enclenchera au plus vite.

La troïka qui s’est rendue en Iran a constaté que ce pays faisait preuve d’ouverture et de modération. Il se félicite qu’il ait renoué des relations diplomatiques avec l’Arabie saoudite. Il note l’accord intervenu entre les six pays du Conseil de coopération du Golfe. Il se félicite que le Koweit ait été rétabli dans ses prérogatives d’Etat souverain et espère que ce pays s’engagera dans la voie des réformes et que des élections libres seront bien organisées en 1992.

Israël

A la suite des contacts qui se sont déroulés avec M. Daniel LEVY, ministre des Affaires étrangères d’Israël, M. POOS relève des motifs d’optimisme.

Israël, a précisé M. LEVY est “sincèrement désireux d’en finir avec la guerre”.

La Communauté doit pouvoir siéger à la Conférence de paix autrement qu’en occupant un “strapontin” ou en jouant un “rôle de figurant”, affirme-t-il.

Il souhaite qu’Israël puisse s’ancrer économiquement à l’Europe et souligne que les marchés naturels des deux rives de la Méditerranée sont complémentair-es.

A quel autre ensemble économique ce pays pourrait-il s’arrimer, s’interroge—t-il? Ni les USA ni l’URRSS ne peuvent proposer une solution de rechange.

Si la Communauté n’a pas toujours pu donner le meilleur d’elle-même dans le conflit du Golfe, au moins a-t-elle acheminé aide et assistance aux Kurdes, observe Mme Marlène LENZ (PPE, A). La Commission et le Conseil peuvent-ils assurer que l’aide parvient bien aux réfugiés et que les actions d’assistanc-e et d’entre-aide s’exercent correctement?

Le Conseil trouve-t-il normal la réaction d’Israël souhaitant que la communauté joue un rôle secondaire dans le processus de paix, demande M. Rui AMARAL (LDR, P).

Mme Raymonde DURY (Soc., B) s’enquiert des pressions qui peuvent être exercées sur Israël pour que ce dernier cesse d’occuper les territoires ou vivent les populations palestiniennes. Comment la puissance militaire de l’Irak et de la Syrie peut-elle être réduite, demande-t-elle.

Le Conseil se déclare-t-il en faveur de la tenue d’une conférence permanente de paix à l’exemple de la CSCE, demande M. Christopher JACKSON (DE, RU). Quelles sont les mesures envisagées pour la libération des otages encore détenus? Quid du contrôle et la de vente des armements et des sanctions prises envers l’Irak?

Israël demeure le principal obstacle à la paix, observe M. Marie-Christine AULAS (Verts, F) qui note qu’il occupe des territoires depuis 23 ans! Pourquoi dans ces conditions vouloir faire des concessions? Y aurait-il deux poids, deux mesures dans les relations avec les pays de la région?

La CEE peut-eelle définir une action rapide et claire, capable de résoudre la question kurde, demande M. Dimitrios NIANIAS (RDE, G). Qu’en est-il des initiatives déployées vis-à-vis de Chypre?

Proposer à Israël un accord de coopération est une démarche surprenante, observe M. Harald NEUBAUER (DR, A) qui s’enquiert des actions menées pour faire cesser la torture et les exactions au Koweit. Il estime que les 60 mécus prévus pour la réinsertion des palestiniens constituent une aumône.

On doit se féliciter de l’amélioration des relations avec Israël, indique Mme Maria BELO (Soc., P) qui espère une meilleure coopération entre la CEE et ce pays.

Mme Dacia VALENT (GUE, I) note le resserrement des liens entre la CEE et Israël et les accords d’association qui pourraient en résulter: elle demande quelles réflexions politiques ont présidé à une telle décision.

Déplorant que le Conseil ait levé l’embargo financier sur la coopération scientifique avec Israël, elle s’interroge sur la réouverture des universit-és dans les territoires occupés et s’inquiète de la sauvegarde des droits des Palestiniens.

Pour M. Patrick LANE (RDE, Irl.) la paix et la protection du peuple kurde passent par une action appropriée de l’ONU. Et de demander que pour la solution de la question palestinienne, la Communauté exerce une pression morale sur Israël.

La “troïka” entend-elle jouer un rôle de pointe pour réintroduire la paix dans cette région, demande M. Dieter ROGALLA (Soc., A).

QQu’en est-il de la solution de la question kurde, demande M. Joao CRAVINHO (Soc., P).

Répondant aux intervenants, M. POOS indique que l’acheminement des aides à destination des Kurdes est contrôlé par un représentant de la Commission exécutive siégeant sur place ainsi que par les Etats majors des pays de l’UEO et des observateurs de l’ONU.

Il constate que la suggestion lancée au Sommet de Luxembourg pour la création d’enclaves à l’intérieur des territoires irakiens est devenue une réalité. Et de proposer qu’aux forces militaires alliées, se substitutent des conting-ents de l’ONU.

L’idée de traduire Saddam HUSSEIN devant un tribunal international pour crimes contre l’humanité n’est pas abandonnée. Et de réaffirmer que les Douze sont bien décidés à maintenir les sanctions économiques contre l’Irak aussi longtemps que les résolutions des Nations unies, n’auront pas été appliq-uées et les droits de l’homme respectés.

Concernant la participation de la Communauté à une conférence internation-ale de paix, M. POOS précise qu’Israël a fait savoir qu’il préfère traiter de cette présence directement avec la CEE.

L’Europe est seule en mesure d’offrir à Israël une perspective d’intégration que ni les Etats-Unis ni l’URSS ne sont en mesure de lui proposer, a estimé M. POOS avant de relever que d’aucuns songent déjà la possibilité d’accorder à Israël un traitement similaire à celui qui est en discussion dans le cadre de l’instauration de l’EEE.

Il raappelle que les pressions sont maintenues vis-à-vis d’Israël pour qu’il arrête l’implantation de colonies dans les territoires occupés, permette une libre circulation des habitants dans ces territoires et réouvre toutes les universités qui avaient été fermées.

La tenue d’une CSCM reste plus que jamais à l’ordre du jour, indique-t-il.

En matière d’exportation d’armes, les ministres des Affaires étrangères des Douze, réunis à Mondorf, ont décidé la création d’un comité ad hoc qui réfléch-ira à un contrôle des exportations et à la tenue d’un registre international de vente d’armes.

Pour conclure, le président en exercice rappelait que la troïka avait été très active: tous les pays du Proche et Moyen Orient auront été visités à deux reprises, tandis que la présidence a

accueilli de nombreux ministres en provenance de ces pays.